L’IDÉE DE POMOST ™SM — LA PASSERELLE, OU LA RENCONTRE IDÉALE
M A N I F E S T E :
CONCRÉTISER LES COMPORTEMENTS, C’EST-À-DIRE DIFFÉRENCIER ET PRÉCISER L’EXPRESSION DES ACTIONS SUR LA PASSERELLE
PARMI LES DIFFÉRENTS COMPORTEMENTS (PERFORMANCES), ON PEUT DISTINGUER DEUX CHAMPS :
le champ large, naturel, commun à tous les êtres vivants et aux humains, centré sur la satisfaction des besoins physiques et biologiques et caractérisé par une attitude passive à leur égard
le champ restreint, culturel, propre aux êtres créatifs et sensibles, centré sur la satisfaction des besoins intellectuels et affectifs et caractérisé par une attitude active à leur égard
LEURS TROIS TYPES PRINCIPAUX :
improvisation — action spontanée
vérification — exécution non répétée au préalable, mais réfléchie
composition — présentation d’une œuvre entièrement élaborée et répétée
LEURS TROIS MOTIFS FONDAMENTAUX :
intérieur — lorsque le comportement n’a lieu qu’une fois
extérieur — lorsque le comportement se répète
intermédiaire — lorsque le comportement est singulier à plusieurs reprises, c’est-à-dire répété sous une forme structurellement enrichie par les conclusions du comportement précédent
LEURS TRENTE FORMES ESSENTIELLES :
tourisme — principalement dans sa dimension itinérante et éducative
danse — en tant que telle, dans son ensemble
théâtre — en tant que tel, dans son ensemble
gymnastique et sport — toutes les activités d’adresse et tout type de compétition
poésie — principalement dans son champ conceptuel et déclamatoire
musique — principalement dans son exécution
combat — principalement les arts martiaux
visualisation — arts visuels, notamment parce qu’ils doivent toujours être exécutés pour
exister ; en ce sens, il n’est pas d’artiste qui ne soit performeur
présentation — de quelque chose qui n’a pas été mentionné : un objet, une idée, etc.
monologue — récit du conteur, discours, évocation de souvenirs, etc.
rituel et mystère — de toute sorte
thérapie — psychique et physique
divertissement — toute forme de loisir, d’occupation du temps, de détente et de repos, tournée vers soi
démonstration — spectacle, show, etc.
code — inscription active, dissimulation de quelque chose par quelqu’un
manifeste — toute forme plus ou moins organisée d’expression de ses convictions dans
la sphère publique
abstraction — action consistant à employer abstraitement des moyens d’expression dégagés de leur contexte et de
leur destination, ou abstraits dans leur forme
concept — action consistant à employer conceptuellement des moyens d’expression conceptuels par rapport au contexte
et à la destination, ou conceptuels dans leur forme
répétition — imitation, métaphorisation, réplication, etc.
acte — action signifiante accomplie consciemment en relation avec quelqu’un ou quelque chose
contexte — mise en évidence d’un contexte dans un but donné
relation — langage et échange réciproque avec quelqu’un ou quelque chose
até — abandon à quelqu’un ou quelque chose, à une force, un archétype, une personne, etc., dans ses effets
extériorisés
révolte — toute forme plus ou moins organisée d’opposition ou, plus largement, d’expression de ses sentiments, dans
ses effets extériorisés
violence — cruauté, appropriation, etc., mais aussi attribution, ordre, etc.
drone — action suspendue, longue, prolongée, exécutée lentement ou répétée à différentes
fréquences, dans toute l’étendue de sa manifestation visible
absurdum — action consistant à employer les moyens d’expression de manière insensée et
absurde
dictum — exposé appuyé d’une vérité, d’un dogme, d’une idée, d’un enseignement, etc.
manipulation — pose, jeu, conduite des émotions, emploi de procédés éprouvés dans la relation, etc.
jeu — différents environnements organisés d’interaction autour d’un scénario ou de règles, se déroulant
au niveau d’une « maquette », y compris le « jeu de lieu », les jeux numériques, les jeux politiques, etc.
piste — chasse, traque, conquête d’un trophée, etc.
efficacité — progrès, développement, économie, planification, etc.
L’UNIQUE CONDITION DE LEUR EXISTENCE :
l’effet
LES DIFFÉRENCES ENTRE LES COMPORTEMENTS RÉSULTENT DES DIVERSES COMBINAISONS DES COMPOSANTES DISTINGUÉES ICI
© Oskar Chmioła
P O S T U L A T S :
25 points, conditions d’existence de l’état de relation idéale que son créateur appelle POMOST — la PASSERELLE
13 novembre 2013 à 20 h 36
POMOST, la PASSERELLE, est une plateforme reliant deux rives — le monde extérieur et le monde intérieur de l’être humain — séparées par un fleuve, l’inconscient collectif et individuel. Elle permet de passer consciemment et avec sensibilité de l’une à l’autre. Elle réunit l’espace, le lieu, et le temps, le chemin, offrant une possibilité de réflexion et de sensibilisation. Elle porte le potentiel de développer chez l’être humain une compréhension partagée et une capacité de ressentir avec soi-même — individualisation du soi —, avec autrui — spécification des relations — et avec le monde — concrétisation de la connaissance — grâce à la volonté d’une sensibilité consciente.
L’unique condition est de vouloir être conscient de ce que l’on ressent et de ce que les autres ressentent, et sensible à ce dont on a conscience et à ce dont les autres ont conscience.
Les 25 points constituent la dimension intérieure de Pomost, qui possède également une dimension extérieure. Cette face extérieure, l’apparence générale de l’entreprise, en est la forme. Pomost prend la forme de rencontres donnant lieu à des spectacles plus ou moins élaborés. Leur caractère varie : ils se rapprochent des mystères, du parathéâtre ou de la thérapie psychique. Ils combinent le plus souvent ces formes. Ces spectacles sont documentés au moyen des nouveaux médias, principalement la photographie et la vidéo, ainsi que par le compte rendu écrit traditionnel. Pomost a lieu de temps à autre, de manière irrégulière, mais généralement toutes les deux semaines. Sa durée est relativement courte, cinq heures, mais peut se prolonger librement. Lors des rencontres « sur la Passerelle », se réalisent aussi bien des présentations individuelles que des actions collectives, des compositions que des improvisations. Chacun peut devenir le metteur en scène du spectacle, fondé sur la création commune d’une représentation. On peut utiliser toutes les techniques et tous les outils connus aujourd’hui pour présenter ce que l’on souhaite. Il est possible de recevoir des corrections de l’initiateur, qui travaille sur la performance et ses périphéries dans sa création artistique et sa vie quotidienne, ainsi que sur l’esthétique transmédiale, qu’il nomme alphabet de l’expression. On peut naturellement proposer sa propre vision. L’idéal est cependant de façonner ensemble l’espace-temps par les gestes, consciemment et avec sensibilité. Les 25 points constituant la dimension intérieure de Pomost décrivent l’essence de cette attitude. Cette description intérieure porte sur les méthodes, le but et le sens de l’ensemble de l’initiative. Les points ressemblent à des postulats, mais ce sont en réalité des questions.
- L’idée appelée « Culture » est un don à soi-même, aux autres et au monde, offert par quelqu’un ou quelque chose. Par définition, un don sincère signifie une ACTivité spontanée, consciente ou non.
Pomost est une conscience jetée au-dessus de l’inconscient pour y recueillir des dons intentionnels, c’est-à-dire adaptés à un destinataire précis.
- L’une des caractéristiques essentielles de la nature est l’harmonie en tant qu’interdépendance symbiotique, résumée par l’expression : « rien ne se perd dans la nature ». Si l’art et la culture réalisent les rêves à l’état de veille, ils font aussi, par analogie, rêver le réel dans le sommeil. Créer révèle quelque chose et le rend réel dans le rêve. Autrement dit, si la culture est un rêve réalisé, sa création produit quelque chose de réel dans le monde des rêves. Cela signifie que l’imagination possède son équivalent dans l’action. Cette interdépendance de deux mondes fait qu’imaginer quelque chose — en prendre conscience — et le soutenir par un acte — le vivre — transforme la réalité et l’irréalité. Ces deux activités sont ainsi des capacités humaines cardinales.
Pomost relie les représentations imaginaires et les actions, rendant possible le sentiment de la plénitude de sa propre activité.
- Toute activité humaine, y compris culturelle, est une répétition du monde, qui est tout entier cette activité. Le travail, par exemple, répète le monde comme travail. La répétition est une preuve procurant un sentiment de certitude et de sens au niveau empirique.
Pomost répète le modèle du monde comme passerelle entre le connu et l’inconnu.
- Tout ce que fait l’être humain, il le fait pour vivre. Son corps, sa conscience et sa volonté veulent vivre. On vit passivement ou activement : passivement en attendant, activement en venant. Le créateur attend pour pouvoir venir et donner quelque chose à quelqu’un ; le destinataire vient pour pouvoir attendre et recevoir. Il arrive cependant qu’une même personne veuille respirer la culture, c’est-à-dire donner et recevoir simultanément. L’Espace de la Performance est prise et don : répétition du monde, qui est tout entier performance.
Pomost est une construction permettant de prendre et de donner : de respirer la culture.
- Répéter, c’est distinguer le monde comme singulier, précieux et important. Cela signifie que le monde, ou l’un de ses aspects, est plus important qu’autre chose. Ainsi naît le drame, puisqu’une différence apparaît. La différence fait partie intégrante du monde. La percevoir permet de s’engager. C’est grâce à la différence que l’amour existe.
Pomost est une différence qui relie les différences.
- La première répétition exprime déjà tout le rêve et le sens — sen(s) — de la répétition, qui est distinction et rythme. Le rythme est continuité, expression de présence, de durée, de vie : rythme du cœur, du cerveau, du travail, de la nature et de l’action. Pomost est un lieu où traverser doucement le changement et, par exemple, éprouver quelque chose ou s’y préparer.
Pomost est une plateforme permettant de préserver le rythme des pas de la vie.
- La condition de la vie est la volonté de vivre, autrement dit le consentement à la vie. « Répéter » la vie dans un acte, c’est exprimer sa volonté de vivre et son consentement à vivre consciemment cette vie. Telles sont les clés de la réalité réelle : la volonté, la vision et l’acte ; la répétition de la vie dans la vie, de l’être dans l’être, de l’action dans l’action, du monde dans le monde, de la performance dans le monde de la performance.
Pomost est une répétition du dépassement du monde par lui-même.
- L’Espace de la Performance est une distinction grâce à laquelle on peut s’affranchir de la généralité quotidienne pour atteindre la singularité rare. Le passage du général au particulier est l’activité concrète la plus originelle, première et ultime. Répéter son propre concret de vie revient à la même chose.
Pomost particularise le concret de vie des personnes ou des groupes qui s’y engagent.
- N’importe quoi peut constituer un concret de vie ; c’est pourquoi les personnes ne parviennent souvent pas à se comprendre mutuellement, ni à comprendre elles-mêmes et le monde. Il est en revanche généralement impossible de comprendre la généralité de quelqu’un et de la ressentir avec lui. Le concret est parfois trop différent, et la généralité trop abstraite. Répéter le concret de vie dans le monde répété permet de le situer dans la généralité, de le comparer à d’autres, donc de comprendre son propre concret et de le partager. Un temps de compréhension mutuelle se crée ainsi. Pomost est un véhicule temporel.
Pomost facilite le voyage, le transport et la rencontre, afin de les rendre plus efficaces.
- L’art et la culture sont, dans leur essence, quelque chose d’important, de distingué et de difficile. Ils sont une machine temporelle au service de la compréhension entre les humains, avec l’inconnu et avec soi-même. Il existe en effet le temps dans lequel l’être humain vit et celui qu’il crée à l’intérieur du premier. L’art et, plus largement, la culture comportent trois plans, correspondant aux trois destinataires avec lesquels ils établissent une compréhension : l’être humain qui crée pour lui-même — connaissance de soi —, des personnes ou groupes précis — connaissance d’autrui —, des êtres autres et inconnus ou des mystères — connaissance de quelque chose.
Pomost est d’autant plus important que la compréhension mutuelle est difficile.
- L’être humain possède deux capacités actives principales : ressentir et penser. On peut les désigner plus largement par la sensibilité et la conscience.
En tant que création, Pomost développe les capacités humaines et constitue une faculté humaine permettant de les développer.
- Il faut ressentir l’espace-temps et être conscient de la performance. Cela demande de prendre conscience de beaucoup de choses, d’en ressentir beaucoup, de se familiariser avec de nombreuses questions, d’affiner sa sensibilité et ses facultés intérieures, de s’accorder profondément, de s’ouvrir largement et de beaucoup vouloir. Sans cette répétition du fonctionnement normal dans les modes reconnus de l’activité sociale, sans sa répétition en tant que geste, le monde des normes et des usages ne permet que de répéter ce qui est déjà donné. Il ne saurait alors être question d’enrichir sa propre expérience ni ce que l’on peut se donner mutuellement. On peut seulement utiliser les dons déjà reçus et offrir à nouveau aux autres ce qu’on leur a déjà offert. Dans un tel monde, on ne peut parler que de duplicata, de mimétisme et de répétition. Il en est ainsi parce que la condition pour vivre de quelque chose, s’y engager, être pleinement touché et occupé par quoi que ce soit, est de le distinguer.
Pomost est un geste d’autant plus grand que le lien entre les bords qu’il réunit est faible.
- Sensibiliser, apprivoiser, affûter, accorder… Il s’agit de vivre quelque chose comme singulier. Est singulier ce qui concerne personnellement quelqu’un. Pourtant, le singulier possède en soi une valeur universelle du seul fait de son importance.
Pomost est un espace distingué et privilégié sur le chemin, ce qui rend tout ce qui s’y trouve concret et important.
- Distinguer, c’est vivre consciemment, approfondir, élargir la généralité par le concret. Sans distinction, la généralité se dilue, les personnes deviennent indifférentes et la culture stérile.
Pomost est un tronçon concret du chemin où nous prenons conscience du changement comme du fait que quelque chose est vécu par nous.
- On distingue à condition de le vouloir ; sinon, le monde, quelqu’un ou quelque chose distingue à notre place, et souvent aussi au moyen de nous-mêmes. On le fait pour soi, pour les autres et pour le monde. Parfois dans un but, dans l’espoir ou l’attente de quelque chose, pour une raison, ou sans raison, espoir ni but. Il est pourtant impossible de nommer la source de cette activité commune à tous ; cette source universelle est donc commune à tous en ceci qu’elle reste un mystère. Si ce mystère est pour quelqu’un le hasard, il serait utile qu’il examine combien il en dépend, s’il entretient un lien avec lui et peut agir sur lui ; si c’est la probabilité, il serait bon qu’il vérifie si elle est calculable et s’il en tient compte ; si c’est la providence, il pourrait lui être précieux de sentir si elle le remarque et s’il ne l’ignore pas imprudemment.
Pomost prend naissance dans le mystère — du but, de la fonction, du sens, etc. — et y conduit donc finalement.
- Le monde fonctionne, suit son cours, dure et agit. L’existence ou l’inexistence des lois qui gouvernent son fonctionnement reste cachée. Ces lois n’importent pas à ceux qu’elles ne concernent pas concrètement. Mais chaque fois qu’apparaît l’expérience concrète de la vie de quelqu’un, les lois du fonctionnement du monde deviennent importantes. On ignore alors leur sens, ou ce que signifie leur non-sens. Une relation forte avec elles, et donc une attitude significative à leur égard, est alors garantie par le fait de considérer son propre destin comme un ressentir-avec tout ce qui existe, y compris ces lois. Chaque action des lois du monde devient alors une expression de la volonté de ce monde que l’on ressent et que l’on est, en le ressentant consciemment.
Pomost symbolise les lois fondamentales qui régissent le monde ; l’utiliser permet donc d’exercer un pouvoir sur elles.
- Dans le monde ressenti avec autrui, on est en lien avec lui et on est interdépendant. Nul n’est entièrement indépendant, séparé et libre. Pour le vérifier et le comprendre pleinement, il suffit d’essayer de devenir indépendant.
Pomost permet de se libérer, car il constitue un terrain neutre où l’on peut examiner les dépendances.
- Une relation est à la fois la conséquence naturelle et une cause fréquente de la séparation. De même, la relation est conséquence et cause de l’intégration. Elle est la condition de la séparation ou de l’interaction. Tout le reste est indifférence, antisensibilité et anticonscience. L’espace-temps de la performance est une séparation d’avec les expériences quotidiennes afin de s’intégrer aux expériences rares. Se séparer pour se rencontrer révèle l’immensité et la richesse du potentiel relationnel. Dans la rencontre séparée, la relation acquiert une dimension spatiale. Elle peut être proche ou lointaine. Ainsi, la relation est sensibilité, échelle de sensibilité : elle doit être sensible et l’est lorsqu’on la vit consciemment. Sinon, on ne peut parler que d’absence de relation, d’insensibilité. La relation est conscience du ressentir-ensemble. L’approfondir est une condition pour se vivre soi-même à travers ce ressenti partagé. La compassion consciente est une condition pour vivre véritablement la relation avec le monde, avec autrui et avec son propre soi.
Pomost rend possibles la participation commune, la compréhension mutuelle et la compassion entre des mondes séparés, même ceux qui sont les plus étrangers l’un à l’autre.
- La relation possède trois caractéristiques : elle exprime une conscience, un choix et une puissance. En tant que conscience, elle dévoile la multiplicité contenue dans l’Un, autrement dit dans l’unité ; en tant que choix, elle décide de l’attitude envers cette multiplicité ; en tant que puissance, elle agit au sein de ce rapport à cette multiplicité. Il importe de définir son attitude envers la multiplicité dans l’Un, car c’est l’étape intermédiaire entre la conscience de la relation et la capacité de la vivre.
Pomost définit le rapport réciproque des rives et rend ainsi possible une relation entre elles.
Sur la Passerelle, on travaille à définir son rapport à soi, aux autres et au monde, c’est-à-dire sa relation à tous ces éléments ou à une partie d’entre eux. Ce geste confirme le fait d’être en relation et constitue un « mot-clé », ou plusieurs, permettant de s’y déplacer. Cela peut prendre la forme de l’inscription sur une feuille, dans un objet ou dans le code d’une action, d’un concret de vie avec lequel on agit ensuite. La relation ne devient ni feinte ni apparente du fait que ce concret n’est pas révélé directement.
Les concrets de vie peuvent être, par exemple, le rêve précis, le problème, la joie, la passion, le désir, l’émerveillement, la curiosité, l’aspiration, la douleur, la question, l’impuissance, l’effort, le fardeau, l’obsession, l’intention, la fascination, la peur, le chaos, l’attention, l’affect, le vouloir, la pulsion, l’ordre, l’idée, le pressentiment, l’encerclement, l’espoir, l’inquiétude, la certitude, la vision du monde, l’idéologie, la stratégie, la motivation, le péché, le merveilleux, le talent, le mana, le sacrifice, la solution, la maladie, le savoir, le mystère, l’attente, la demande, la provocation, la condition, l’état ressenti, la solitude, la mort, etc., d’une personne.
- À l’intérieur de l’Espace de la Performance, les domaines suivants des dispositions humaines sont révélés et mis à profit :
– Mémoire du corps : codes de comportements et de sensations liés aux actions, aux objets et au corps, reconnus par l’être humain comme des signes déclenchant certaines sensations précises.
– Criticité de l’espace : secteurs et lieux de l’espace — entre centre et périphérie, pôles, affinités, connexions, références, divisions, séparations, localisations, points, zones, ruptures, développements, multiplications, absorptions, mises à distance, dynamisations et autres relations spatiales — définissant le rapport à sa topographie et à son état comme totalité du microcosme.
– Magnétisme de l’action : initiative comme geste entier, c’est-à-dire réaction, réconciliation, preuve de volonté, réponse, sacrifice, aide, combinaison, don, densification, amitié, révolte, opposition, question, effort, recherche, expérience, manifestation, raréfaction, tension, orientation, assouplissement, dynamisation, appropriation, plaisanterie, suggestion, analyse, rectification, preuve, affirmation, demande, etc.
– Rayonnement de la réception : l’observateur émet, extériorise plus ou moins son rapport à l’émetteur ainsi que ses sensations et pensées liées à l’acte accompli par celui-ci, créant ainsi tension, énergie, mouvement, climat, atmosphère, mana, densité, multiplicité, diversité, oppositions et dialectique, confirmant de la sorte la fonction et l’action des événements en cours.
– Vibration de l’interaction : connexion, rencontre, relation, échange, danse, dialogue, jeu, manipulation, réflexion, intuition, télépathie, fusion, rupture, entente, etc., suscitent une résonance et agissent comme un fait amplifié, devenant un accomplissement concret et vécu.
– Irrégularité des lieux et des événements : transformations générales au sein de l’espace-temps provoquées par l’évolution de l’empathie des participants en relation avec l’entropie de l’événement dans son ensemble, à ses différentes étapes.
Pomost dispose de tout ce qu’il relie.
- Toutes les possibilités contenues dans l’Espace-temps de la Performance, définies ou non, découlent du fait qu’il est conscience-sensibilité. L’espace-temps est sensible et réceptif ; la performance est geste et conscience. Grâce à une telle ouverture, l’Espace-temps de la Performance permet à l’être humain de déployer toute son ampleur, d’utiliser tous les moyens qu’il connaît — techniques, esthétiques, etc. — et de se dépasser. Il ne constitue pourtant aucune injonction et n’impose rien. Il est une matrice et un oracle qui distribuent librement aux interlocuteurs leur savoir et leur amour selon leur volonté et leur engagement.
Pomost est une porte et un vestibule ; il offre donc la possibilité de traverser quelque chose, de transporter quelque chose, de passer quelque part, de se préparer à quelque chose, ainsi que de revenir à tout moment.
- Créer relève de la conscience-sensibilité, c’est-à-dire de la conscience du ressentir-ensemble. Toute œuvre, tout acte, tout geste et toute action font advenir de nombreux mondes et effets. Sans conscience naissent des choses hébétées et égarées ; sans sensibilité, des choses tristes et rejetées.
Pomost possède un centre et des périphéries qui répètent ce qu’il répète ; on peut donc s’éloigner indéfiniment du centre de la Passerelle, où l’on est pleinement sur elle, ou s’en rapprocher, selon le degré de sa présence sur elle.
- La performance peut être collective ou individuelle ; de même que la distance, elle peut être publique ou intime. Donner son concret de vie ou recevoir celui d’autrui, publiquement ou en privé, revient à choisir la manière dont on souhaite être dans l’Espace-temps de la Performance.
Pomost est large : on peut donc s’y croiser et s’y rencontrer sans se pousser hors de ses bords ni de son centre.
- L’idéal est que créer la culture soit un don — offrande et compassion — à soi, aux autres et au monde, et que la recevoir soit puiser — avec gratitude et conscience — en soi, dans le monde et chez les autres.
Pomost comble ceux qui savent lui être reconnaissants, c’est-à-dire recevoir ce qu’il donne de lui-même, parce qu’ils souhaitent en retour offrir à la Passerelle dans les multiples dimensions de son usage. Il n’est que dans la mesure où il est nécessaire ; il n’existe pas sans les humains, existe pour eux et par eux, et constitue en réalité une répétition — un symbole, une métaphore — de ce qui les relie en tant que rives du monde.
- Prendre et donner, c’est respirer. Pour respirer, c’est-à-dire se trouver dans l’Espace-temps de la Performance, il faut d’abord vouloir. Premièrement, vouloir quelque chose de lui ; deuxièmement, vouloir quelque chose pour lui. Prendre et donner, c’est ressentir ensemble consciemment.
Pomost dissimule sous lui un torrent de fils que l’on peut y recueillir, révélant au-dessus de lui l’ardeur de tout ce que l’on peut y tisser.
© Oskar Chmioła