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Exposition de performance — composition pour sept sens

Publication source · 2014-04-06Auteur de la publication : Oskar ChmiołaAdresse d’origine

Traduction de travail. Le document original est accessible ci-dessus.

Exposition « przed.. po.. zamiast » à la Galeria Cicha4 de Lublin Commissaire — Marta Ryczkowska (exposition collective, avec : Ewa Zarzycka, Anna Kalwajtys, Paweł Korbus, Emrah Gökdemi). Il existe des figures rhétoriques appelées performatifs. L’une d’elles est précisément l’« exposition de performance ». Une exposition, c’est-à-dire un type de présentation d’œuvres, mais aussi de pensées, d’idées, de sentiments. De performance, c’est-à-dire de quelle nature ? Changeante, interactive, s’exécutant elle-même, se... présentant elle-même ? « Exécuter » suggère une action, une activité, une intervention, ou une certaine tension, en tout cas une situation dynamique. Or une exposition est habituellement statique ; sinon, c’est une exposition de films, de sculptures ou d’installations cinétiques, ou encore de créatures vivantes, mais pas d’art de la performance. Mettons de l’ordre : qu’est-ce qu’une exposition de performances qui soit elle-même de l’ordre de la performance (en abrégé : exp. perf. p.) ? Il est certain que quelque chose sera montré dans une telle exposition. On suppose de même qu’un spectateur voudra le voir. Il est toutefois difficile de dire ce qui sera exposé, car que faut-il exposer pour en faire une exp. perf. p. ? Bien entendu, on peut penser à de la documentation, à des esquisses, à des projets, voire à des objets issus de la p. de quelqu’un. Mais une telle exposition serait-elle de l’ordre de la performance ? Peut-être, mais ce n’est nullement évident. Le spectateur ne sait pas à quoi s’attendre ; l’exp. p. commence donc dès qu’il en entend parler. À ce stade, l’exposition se déroule en lui et le concerne avant tout. À cet instant, le spectateur peut « regarder » sa conscience de ce phénomène. C’est en outre une image changeante, car elle mûrit et s’approfondit à mesure que se prolonge l’attente de l’exposition elle-même. La seule conception de l’exp. p. provoque donc un processus de p. (propre à toutes les expositions, ne serait-ce qu’en raison de la promesse-performatif qu’une exposition aura lieu, mais dans le cas d’une exposition de quelque chose d’aussi difficile à définir que la p., cela devient véritablement visible). Puisque cette p. se déroule dans l’imagination du spectateur, elle peut être qualifiée de conceptuelle. Le spectateur réfléchit et imagine ce qu’il pourra voir dans l’exposition. Il ne sait presque rien et ne peut être sûr de presque rien. Il peut seulement être sûr que ce qu’il y trouvera aura été fait par les artistes qui exposent. Il sait uniquement où, quand et qui. Il ne sait pas quoi, mais il sait qui. Dès lors, que va voir le spectateur ? Il ne verra probablement pas l’artiste dans une vitrine. Alors que verra-t-il ? Cette indétermination est l’essence du concept d’exposition de performance, qui est ainsi elle-même une performance. Je montre le lieu, le temps, le contexte, moi-même, l’aporie de l’« exposition de performance » et... le spectateur, au moyen de symboles. Je n’utilise que les « méta-matériaux » déjà disponibles, afin de ne pas dépasser d’un rien l’« exp. p. ». Cela me suffit. Je ne montre aucun objet physique, seulement des symboles qui orientent le spectateur vers la performance que je montre. Naturellement, on peut considérer les symboles comme des objets, mais ce sont des performatifs (en ce sens qu’ils renvoient à autre chose). Le symbole est lui-même une performance ; c’est pourquoi je me sers du symbole. Le symbole est une « passerelle » entre la matière et l’idée, la performance est une « passerelle » entre la vie et l’art. C’est ce que je pense, et c’est pourquoi, dès ici, je m’expose moi-même. En dehors du texte, l’exposition se présente ainsi : je passe la nuit précédant le vernissage sur les lieux de l’exposition. J’y accomplis alors un acte créateur appelé performance. L’action consiste à consigner l’action que j’y réalise au moyen de symboles placés sur les murs. Elle concerne les éléments déjà évoqués : le lieu, le temps, le contexte, moi-même, l’aporie de l’« exposition de performance » et le spectateur, dont je fais moi-même l’expérience comme performance — celui qui viendra voir ce que je fais (seule cette réalisation de mon « exposition de performance » au dernier moment me permet de vivre pleinement cette performance). On voit par là en quel sens je montre le spectateur. Je montre bien davantage, mais tout cela ensemble semble replié sur soi, c’est-à-dire de l’art pour l’art. Le spectateur se regarde lui-même, la performance porte sur la performance et l’auteur, au fond, n’expose rien. Je vais maintenant montrer que cette action n’est pas entièrement fermée. La fissure est la notation. Le code des symboles, synthétique en lui-même, concentré sur sa fonction informative. Il renvoie aux expériences intérieures. Il performe vers elles, ou peut-être performe-t-il les expériences elles-mêmes. Voici donc des expériences intérieures pendant la visite de l’exposition. Tout cela grâce à la sensorialité de la performance, au fait qu’elle n’est possible qu’ici et maintenant. Il faut en faire l’expérience et la vivre. Être témoin, sur place. Il ne saurait être question d’une performance qui a déjà eu lieu. Il s’agit alors d’un autre domaine fondé sur la performance, par exemple la documentation, la photographie, la vidéo. Comment dépasser l’impossibilité de retenir cette activité humaine éphémère ? Une possibilité est la performance conceptuelle du type « exposition de performance », une autre est de considérer l’objet et l’histoire comme performance, une autre encore de considérer ainsi la nature. Dans cette exposition, je tente toutefois d’en créer une autre encore. Nous arrivons ainsi au cœur du sujet : au moyen de symboles, je crée un plan imaginaire d’homéostasie pour le destinataire d’une performance déjà terminée (pendant la nuit précédant le vernissage). Les symboles renvoient à mes gestes. Chacun est à la fois une « indication de » et un « renvoi à ». Le symbole indique mon geste et renvoie au sens précis par lequel ce geste doit être reçu. Les sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) et les symboles (œil, oreille, nez, main, bouche). Des symboles d’yeux, d’oreilles, de nez, etc., apparaîtront donc sur les murs, à des endroits choisis au cours de la performance. La performance est sensorielle. L’art se reçoit par les sens. J’ai toutefois montré qu’il existe une performance qui se déroule dans l’esprit. On peut l’envisager en considérant l’esprit comme un sens, lui aussi. Je pense même que le sentiment est également un sens. Ils sont comme les parents des sens. Les sens sont le médium primordial de tout art (les cinq sens du réalisme, l’esprit de l’abstractionnisme et les sentiments de l’expressionnisme). C’est pourquoi mes symboles renvoient parfois le spectateur au sens de l’esprit (cerveau) et au sens du sentiment (cœur). C’est donc en utilisant des symboles qui renvoient aux sept sens que je compose ma performance. Le spectateur doit participer à la performance, faute de quoi il ne la « verra » pas : il ne verra que les symboles, faisant du signifiant un signifié. Le spectateur anime cette performance, car tous ces symboles des sens sont eux-mêmes statiques et quelqu’un doit leur donner du mouvement. C’est une œuvre narrative, un récit avec un début, un développement et une fin, que l’on peut regarder dans n’importe quel ordre, mais l’ordre auquel il est destiné est celui dans lequel se déroule ma performance consistant à placer les symboles (réalisée la nuit avant le vernissage). Cette œuvre raconte le spectateur à l’« exposition de performance » dans l’immeuble de la rue Cicha, aux dates..., qui me regarde exposer une performance. Ce n’est pas tout. Elle parle aussi de post-performance, d’un nouveau modernisme, d’une perspective métaphysique et de l’émerveillement devant le réel face au virtuel. Car comment, autrement que réellement, peut-on faire l’expérience d’une performance, et pourquoi va-t-on à une exposition ? Par contraste, ce que le spectateur ne verra pas, il ne pourra le voir qu’en dehors de l’exposition, dans l’environnement virtuel d’Internet, sur mon blog (de performance) >

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