Traduction de travail. Le document original est accessible ci-dessus.
Installation présentée dans le cadre de l’exposition « Podwórko na Pradze », Sen Pszczoły, Varsovie, 3, rue Inżynierska
Commissaire de l’exposition — Włodzimierz Szymański
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L’installation électroacoustique « odbiór » est un gigantesque dispositif d’écoute, un objet qui génère un environnement acoustique en direct. Neuf pistes sonores recueillies dans les murs de la cour se rencontrent dans un tonneau, où elles sont encore amplifiées en direct par un microphone, une table de mixage et un casque. On entend ainsi, par exemple, les conversations des gens, le chant des oiseaux, des portes qui s’ouvrent, les canalisations, de la musique ou la pluie, tout ce qui résonne dans la zone écoutée. Ces sons se mélangent, créant une polyphonie, c’est-à-dire une composition : musique concrète, ambient. Le destinataire, regardant le réseau de tuyaux qui s’étend au-dessus de la cour, s’assied ou se promène avec le casque autour de l’espace ainsi délimité.
L’installation, inspirée du jouet d’enfant connu sous le nom de « głuchy telefon » (téléphone sans fil), fabriqué avec des gobelets et un bout de ficelle, renvoie à mes souvenirs d’enfance. Les dimensions des immeubles anciens, leur atmosphère et leur acoustique m’ont toujours fasciné. Je voulais réunir tout l’éventail des sensations afin qu’il soit possible d’atteindre un état de proximité avec cet espace, tel qu’il se réalise intimement pour moi grâce aux souvenirs. J’ai essayé de créer un canal pour la conscience du destinataire, par lequel il pourrait s’accorder à la vibration actuelle de ce lieu.
Pour bien comprendre « podwórko na Pradze », il faut bien l’entendre. L’écoute de l’espace sous cette forme, cet espace qui, étant lui-même le sujet de l’action, a reçu une voix pour se raconter, s’est avérée être une hyper-écoute. Plus précisément, la personne qui écoute l’espace dans lequel elle écoute peut s’entendre elle-même. Cela se produit parce que l’instrument recueille aussi les sons de la cour elle-même. De nombreuses fenêtres, de nombreuses histoires, des dizaines de reflets du même lieu sous des dizaines de formes. Des différences soulignées par la simultanéité avec laquelle la conscience accueille la présence de leur échelle. Ce qui est reçu est contenu dans celui qui reçoit de façon si étanche que l’on peut parler ici d’un environnement autonome, réagissant vivement aux intentions même les plus secrètes du destinataire.
Cette polyphonie sur les phénomènes du temps et de l’attention, et sur la beauté du silence, ressemble à un arbre bleu dont les branches blanches poussent dans les murs des immeubles. Elle sonne comme un écho entendu au fond d’un puits, un écho mêlé de bruits venus de derrière les murs. Une action située à la rencontre des arts visuels et musicaux, si équilibrée que le versant littéraire de l’interprétation semble constituer l’équivalent évident de son harmonie intérieure. Un monolithe intérieurement cohérent des trois médias fondamentaux de l’art.
Se demander si la « réception » est possible sans notre participation, c’est se demander si l’art existe sans spectateur. Qu’arrive-t-il au temps lorsque l’espace le modifie ? À quoi sert l’art ? Une réception adéquate n’est-elle pas une condition de la connaissance ?
Cette installation inspirait des questions semblables, tout en restant un simple jouet.
Commentaires archivés
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Oskar Chmioła ·
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je ferme ce blog
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ten blog zamykam
Joanna Zadrożna ·
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